J’ai regardé pour Vous: Berserk  Golden Age Arc Trilogy (2012- 2013)

Réalisateur :Toshiyuki Kubooka

Scénariste :Ichirō Ōkouchi

Studio d’animation : Studio 4°C

Golden Age Arc Trilogy

Golden Age Arc Trilogy

Le Synopsis

Berserk Golden Age Arc est une adaptation  issue du manga du même nom.

Cette trilogie se déroule dans un univers médiéval fantastique. Les protagonistes de l’histoire sont Guts (personnage principal), un jeune mercenaire à la vie massacrée avant de l’avoir commencée, et les membres de la Troupe du Faucon qui le recueillent : Judo, Rickert, Pippin, Casca (la fille de l’équipe) et surtout, Griffith, un personnage extrêmement ambigu qui fascine ses pairs. Possesseur d’un pendentif appelé « Béhélit » ou « l’Œuf du Conquérant », Griffith est ainsi animé d’une ambition surnaturelle.

Le film d’animation est ainsi le récit de l’ascension et de la chute de la Troupe du Faucon, et de la relation entre Guts et Griffith, particulièrement complexe, entre relation d’intérêt (Griffith utilise la force de Guts), respect mutuel (les deux se considèrent mutuellement en tant que soldats), et affection profonde (chacun a besoin de la présence de l’autre de façon inexplicable).

Le contexte

Regarder Berserk est pour moi une revanche sur ma prime jeunesse. En effet, considéré comme extrêmement violent (et ce n’est pas un mythe) mes vieux me l’avaient fortement déconseillés (ça veut dire que si je regarde ça il vont me botter !). Ainsi quand un ami, Cyr Anicet, me le prête, 15 ans plus tard, c’est avec un plaisir coupable que je dévore la trilogie pendant tout un week end entier.

Mes parents avaient-ils raison ?

Les plus

+ Crue, sans concession, adulte et troublant, Berserk aborde des thèmes variés comme la religion, la pédophilie, l’infanticide, l’inceste, le viol et les nombreux massacres renvoyant une image particulièrement sombre de l’âme humaine

+ Le film est d’une beauté à couper plus d’une fois le souffle ; le mélange de 2D et de 3D est particulièrement bluffant

+ Les scènes de combat sont miam ! Bien sûr pour ceux qui aiment la viande déchiquetée et saignante

+ La relation trouble entre Guts, Casca et Griffith. La recherche, la complexité et la force de chacun des protagonistes créent des tensions absolument délicieuses

+ La scène finale dans le monde des morts avec son bestiaire de dieux malsains est jouissive et est un crève-cœur pour les grands sensibles !

Les moins

Certaines décisions de Griffith ne sont pas compréhensibles. Surtout celle qui entraine la chute de sa Troupe

– On aurait voulu qu’il y ait une suite de toute urgence ! Mais je pense que c’est juste une question de temps.

La note

17/20

Un film d’animation pour personnes qui ont le cœur accroché et dont la vue du sang et de la cruauté ne révulsent point. Un bon moment à passer entre potes avec pizza, coca et mouchoirs !

Guts & Griffith

Guts & Griffith

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Guts & Casca

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L’ennemi rode partout

Alors pour Vous qui l’avez regardé, ça déchire ou pas?

J’ai lu pour Vous: La foire aux immortels (1980)

Dessin & Scénario : Enki Bilal

La foire aux immortels

La foire aux immortels

Le Synopsis

En 2023, Paris est gouvernée par un dictateur fasciste du nom de Jean-Ferdinand Choublanc. La ville est divisée en deux arrondissements. Le premier est réservé aux riches élites, le second, où règnent la pauvreté et la maladie, aux classes inférieures.

C’est dans cette ville post-apocalyptique qu’apparaissent des dieux égyptiens, dont la pyramide volante s’immobilise au-dessus de Paris. Ils sont à la recherche de carburant et essayent de négocier avec le dictateur pour racheter les réserves de la ville. Le débat n’avance guère car le prix que réclame Choublanc est l’immortalité, que les dieux égyptiens lui refusent catégoriquement. De son côté, Horus, récemment humilié à un concile divin, cherche sa revanche en prenant possession de corps humains. Son but est de prendre le pouvoir, pour imposer sa loi à ses congénères divins. C’est ainsi qu’il rencontre Alcide Nikopol, dissident politique fraîchement retombé de l’espace où il avait été placé en hibernation pénitentiaire trente ans auparavant.

Le contexte

Toujours dans la résolution de lire toutes les Bandes Dessinées du Centre Culturel Français, je tombe par hasard sur cet album dont l’auteur a un nom particulier et exotique « Enki Bilal ». Je demande qui c’est à mon ami.  Ce dernier me regarde d’un air sombre, surpris et dévasté : « Krys, tu ne connais pas Bilal !??? Tu mérites d’être pendu puis défenestré ! De quelle planète viens-tu ? ».

Donc de peur de subir un châtiment aussi étrange, je remets la lecture de « Rahan, fils des âges farouches » à plus tard et décide de l’emprunter.

Il faut savoir que ‘La Foire aux immortels ’  fait parti des Classiques de la Bande dessinée et est la première de la Trilogie Nikopol écrite et dessinée entre 1980 et 1993. En 2013,  Enki Bilal a  exposé au Musée du Louvre.

 

Les plus

+ L’étrangéité, la décadence et la richesse de l’univers « Bilalien »

+ La beauté et l’assurance des dessins et des tracés

+ Les dialogues, mordants à souhait

+ L’exquise cruauté et condescendance des dieux envers la race humaine

+ Les magnifiques vers de Baudelaire déclamés par Nikopol (le héros)

Les moins

– Le début de l’album est difficile pour le lecteur (mais en même temps, on n’est pas dans la littérature prémâchée !)

 

La note

18/20

« La Foire aux immortels » est une œuvre déroutante et puissante fait par un  scénariste efficace, un dialoguiste talentueux et un dessinateur hors pair nommé Enki Bilal. Hâte de lire le tome 2 !

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Enki Bilal

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Alors pour Vous qui l’avez lue, ça déchire ou pas?

J’ai regardé pour Vous: Pokou, princesse Ashanti (2012) .

Réalisation &  Production: Afrikatoon

Pokou, princesse Ashanti

Pokou, princesse Ashanti

Le Synopsis

Au dix-huitième siècle, dans le royaume du peuple Ashanti, qui couvre les deux tiers de l’actuel Ghana, vit la princesse Abla Pokou. Conseillère très influente auprès du roi Opokou Warê, elle est opposée à la guerre. Pokou est un sérieux obstacle sur le chemin de l’ancien guerrier Kongouê Bian devenu adepte de sorcellerie. Assoiffé de pouvoir, il tente un coup d’Etat contre le roi, son meilleur ami et se débarrasse de l’héritier légitime du trône. Pokou, parvient grâce à son charisme et ses pouvoirs mystiques, à éviter une guerre entre les Ashanti favorables et ceux opposés au régime imposé par Kongouê Bian. Elle préfère l’exil à l’affrontement. Kongouê Bian se lance à leur poursuite. Il est déterminé à empêcher que se réalise la prophétie selon laquelle une femme prendra la tête d’un nouveau royaume aussi puissant que celui des Ashanti.

Le contexte

Pokou, princesse Ashanti est annoncé en grande pompe dans toute la presse locale et à raison, c’est le premier film d’animation ivoirien et ça parle d’un mythe fondateur connu de tous en Côte d’Ivoire.

De plus, les productions locales traitant des temps anciens sont  rarissimes.

C’est donc avec plaisir et enthousiasme que je pars regarder ce film.

Les plus

+ L’initiative en elle-même est un plus. Réussir à faire sortir ce film avec de bien maigres moyens est un exploit à encourager avec force.

+ Afrikatoon ne s’est pas contenté d’une adaptation de l’histoire. Il y a de vrais partis pris et des clins d’œil super intéressants et très drôles.

+ J’ai particulièrement aimé Dakon, personnage émouvant, exubérant et attachant.

+ Le porte parole du Roi dont j’ai oublié le nom est drôle à crever !

 

Les moins

Bien sûr avec des moyens si limités, il ne faut pas s’attendre à une animation à la Pixar. Cependant, je me demande si le choix de la 3D est judicieux. Si on peut gagner en fluidité et en chaleur autant rester sur la 2D.

– Pokou est un film d’animation résolument pour enfants. Dommage qu’on n’ait pas eu plusieurs niveaux de lecture et que les adultes se sentent un peu exclus.

La note

15/20. Vos enfants vont l’adorer! Bravo à Africatoon!

Les principaux personnages

Les principaux personnages

L'équipe d'Africatoon

L’équipe d’Africatoon

Alors pour Vous qui l’avez regardé, ça déchire ou pas?

J’ai lu pour Vous: Magie Noire Tome 1 (2003) .

Dessin & Scénario : Gilbert G. Groud

Magie Noire T1

Magie Noire T1

Le Synopsis

L’histoire se passe dans un village où des gens meurent de façon étrange, surtout des enfants. Pour monter en grade, chaque sorcier doit à tour de rôle sacrifier un être cher. C’est au tour de Gaba de donner son dernier fils. Il sait qu’il peut contourner ce sacrifice par d’autres rituels, tels l’incorporation de l’esprit d’un mort dans un objet (comme le collier d’Oly, autre puissante sorcière), ou le mariage avec un autre initié.

Le contexte

Un ami m’a parlé de cette Bande Dessinée en des termes étranges : « Il s’agit d’une histoire qui dévoile tout ce qui est caché. Son auteur même après son écriture a eu des problèmes très graves, les hommes de l’ombre lui faisant payer son audace. »

Donc quand finalement elle tombe entre mes mains, je ne peux empêcher mes poils de se dresser d’effroi et ma salive de couler d’impatience.

Les plus

+ Les dessins en couleurs ocres et bruns sont d’une beauté rare et inquiétante.

+ La documentation est poussée, la précision et la cohérence du monde souterrain sont troublantes.

+ C’est une BD africaine faite par un ivoirien et qui parle de nos mystères. Depuis le temps qu’on nous gonflait avec X-files ou Fringe, il était temps.

Les moins

La narration est difficile à suivre. Le scénario est haché (je ne dirai pas bâclé) : On se perd. On ne sait pas qui est qui, qui est avec qui. En plein milieu de lecture et malgré la beauté des dessins, on se demande si regarder la télénovella de 19h30 ne serait pas meilleur pour notre santé.

– Les personnages n’ont pas de réelles profondeurs psychologiques. Leurs motivations sont simplistes : Pourquoi tuez-vous vos semblables ? Nous les tuons pour avoir du pouvoir. Ha ha ha. Point.

La note

10/20

Une BD incroyablement riche et superbe avec une base scénaristique branlante et inexistante. C’est comme posséder une Ferrari neuve sans pneus. Espérons que le Tome 2 soit meilleur !

Une planche

Une planche

Alors pour Vous qui l’avez lue, ça déchire ou pas?

J’ai vu pour Vous: Insaisissables (2013) réalisé par Louis Leterrier avec Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, etc.

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Le Synopsis

« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

Le contexte

J’avoue que je confondais ce film avec un autre: « Intraçable ». Donc quand mes potes sur Facebook en parlent de façon élogieuse, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond vu qu’à l’époque l’autre n’était pas topissime. Ce n’est que lorsque je tombe sur l’affiche que je me rend compte de ma méprise. Mais étais-je si loin de la vérité ?

Les plus

+ Un rythme effréné. On ne s’ennuie pas vraiment sauf quand on veut faire sa chochotte.

+ Les scènes de magie sont wouaw !

 Les moins

Un film très hollywoodien et très normé qu’on a l’impression d’avoir vu au moins 302 fois.

– Les rebondissements sont un peu (trop) poussifs (Est-ce que c’est forcé ?)

– Certains personnages donnent des envies de meurtres tant leurs réactions sont caricaturales à souhait (Dylan Rhodes, J. Daniel Atlas )

– (Attention spoiler) Quelqu’un peut dire à l’équipe du film que le truc genre Usual Suspect où le flic est en fait celui qu’on recherche depuis le début est dépassé ? Merci.

 La note

12/20

Un super film pour faire passer le temps. Sans plus.

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Alors pour Vous qui l’avez vu, ça déchire ou pas?

J’ai lu pour Vous: LA TOUR (1987) de Benoît Peeters (Scénariste) et François Schuiten (Dessinateur).

La Tour

La Tour

Le Synopsis

Giovanni est mainteneur de profession. Cela signifie qu’il est chargé du contrôle et de l’entretien d’une partie de cet édifice pharaonique, tellement énorme que depuis la zone confiée à Giovanni il est impossible de distinguer aussi bien la base que le sommet de la Tour.

Voyant que la Base (le centre de décision) ne répond plus à ses alertes depuis des années, il se lance dans un périple à travers la Tour pour les contacter directement. C’est pendant ce périple qu’il explorera la tour, cherchera à comprendre son origine et ses ambitions, avant de se mettre à la recherche des Pionniers, au sommet de la Tour.

Le contexte

La lecture de cette BD (certains disent romans graphiques pour faire genre) vient d’un défi que je me suis lancé à moi-même : lire toutes les BDs du Centre Culturel Français (soit plus de 1000 albums ou peut être moins).

Donc au hasard, je tombe sur cet album et à l’instinct je le choisis. La couverture me happe. La détresse des deux personnages me plait.

Les plus

+ C’est une description sublime d’une société au bord de l’effondrement qui a oublié pourquoi elle existe. Et cette société ressemble étrangement à la notre.

+ Les dessins en noir et blanc sont magnifiques surtout les plans très larges qui stupéfient par le sens du détail.

+ C’est un récit pas commercial pour un sou avec un vrai parti pris et engagement artistique.

Les moins

Certains sentiments amoureux naissent de je ne sais où et frisent la caricature.

– Certains passages sont très hermétiques et n’offrent pas plusieurs niveaux de lectures.

La note

13/20

Une BD belle mais d’une profondeur aride.

Planche de La Tour

Planche de La Tour

Alors pour Vous qui l’avez lue, ça déchire ou pas?  A mercredi prochain!

Gnêdré

Gnêdré

 

« En pays Bété, les prénoms ont une double signification. Le prénom « officiel » est le nom du parrain. Celui qui aura à charge avec le père de faire grandir l’enfant.

A chacun de ces prénoms est associé un autre qui reflète la vision que doit avoir la société sur cet enfant. Cette association est systématique. Ainsi, ceux qui se prénomme officiellement Koudou, ont pour « surnom » Séplou. Séplou étant, l’oiseau guetteur, celui qui chante pour avertir du danger lorsque le village est menacé.

Les « Boly » quant à eux s’appellent « Gnêdré » (cœur de palmier). Gnê pour palmier et dré pour cœur. Le cœur de palmier est blanc et tendre. Gnêdré est donc une métaphore pour désigner ceux qui ont le cœur pur, des gens bons en quelque sorte.

Franchement, je ne peux donc dire si ce nom m’a influencé ou pas. Peu m’importe, je suis très heureux de le porter. »

Témoignage : SERI Boly

Credit Photo : Josette Fagioli

A mercredi prochain!